A l’origine, les organisateurs du premier jour, Louis Albert (P’ti Lou), Didier Cougneau (Le Coureur Fou), Alain Charlier (Iron) et Philippe Willez (Maiden) se veulent être les représentants d’un groupe d’amis, amoureux de la course à pied NATURE, loin du tartan, du macadam et des chronos.

Ils vénèrent le silence des forêts, la sagesse des montagnes et l’immensité des déserts.  Ils tentent aussi de recréer l’esprit Spiridon: tous les sympathisants sont autonomes,  aucune affiliation, aucun statut ne les lient entre eux.  Ils sont entièrement libres de leurs opinions et actions.

Leurs rapports résident en une liaison par le cœur.

A contrario, car proches de la terre, ils utilisent les nouvelles technologies pour leurs échanges réguliers d’informations, comme en témoigne ce site Internet et le forum où, un peu par ironie, un peu par dérision, ils se nomment par des pseudos.  Leurs rencontres pédestres, courses et entraînements en groupe, sont pour eux autant d’occasions de joutes amicales où l’esprit de compétition, bien que parfois naturellement présent, n’en forme pas pour autant la sensation première.

« Chasseurs de stress, chercheurs de sérénité et d’absolu, conquérants de l’inutile, coureurs de l’impossible… on les prend parfois pour des fous mais ils sont l’exemple vivant que le sport peut n’avoir d’autres buts que l’épanouissement personnel. Ils passent des heures à regarder ailleurs, à écouter battre le coeur du monde et entreprennent des voyages au creux de la solitude pour mieux déboucher, au bout de l’effort, dans le regard des autres. »

Les soirées d’après course particulièrement longues sont souvent propices à imaginer les projets les plus fous. C’est ainsi que pour fêter l’an 2000 à leur manière, Alain et Philippe, décidèrent de convier les amateurs de longue distance au plus dur trail jamais organisé en Belgique, le « Raid des Gladiateurs », 100 kilomètres non-stop sur le GR du Condroz liégeois.  Sans se prendre vraiment au sérieux, au départ, puisque la prochaine édition était programmée en l’an… 3000.

Une sacrée épreuve de vérité pour une quarantaine de participants qui osèrent relever le défi. Trente quatre « gladiateurs » parvinrent jusqu’au bout malgré l’effort supplémentaire imposé par les 2500 mètres de dénivelé positif.   Dix heures d’une belle aventure pour les meilleurs, dix-huit heures pour le dernier, sans doute le plus courageux de tous.  «Tous gladiateurs pour mille ans!» Et pourtant….. le soir de cette «première» tous étaient demandeurs pour une seconde édition. Le lendemain, un périodique local titra pour nommer les finalistes « Les Clochards Célestes » en référence au livre de Kérouac.  Le mot « clochard » était trop suggestif ou excessif mais l’adjectif « céleste » interpella les organisateurs. « Les Coureurs Célestes » étaient nés.

Fidèles à leur philosophie, ils organisent le week-end de la Pentecôte, un 100 km.  Soucieux de ne pas tomber dans la monotonie et la facilité, ces concerts de plein air pur sont différents chaque année et se déroulent dans des régions spécifiques de notre pays avec un thème précis, culturel, géographique ou historique.

Mais tout a peut être commencé en septembre 1993, lorsqu’Alain et Jean-Marc ont imaginé « La Grande Course » après avoir lu le mythique livre de Tom Mc Nab.

La Grande Course, c’est d’abord cette richesse de parcours. mais c’est aussi et là est le plus important, un esprit. «Une course remplie de sérénité où la solitude est une délicieuse compagne ou vous pourrez vous confondre avec les éléments qui vous entourent et jeter vos préjugés au feu de bois du samedi soir, allumé aux sons de quelques guitares. Dans ce contexte originel, les mots convivialité, simplicité, humilité, retrouvent tout leur sens… ».  Ce périple ardennais qui, de crêtes en dépressions, déambule dans les régions naturelles contrastées de nos Ardennes, a lieu une fois tous les deux ans, le deuxième week-end de septembre.